L’image que nous avons de nous-mêmes varie en fonction des sentiments que nous éprouvons et dans lesquels nous baignons.
Nos sentiments envers nous mêmes ont tendance à se superposer avec les sentiments que nous portons aux autres. Si l’on pense que personne n’est important, on ne peut avoir de profond respect pour soi, car nous sommes aussi une personne. Mais « ne rabaissons pas le produit simplement parce qu’on l’a mal employé ».
S’accepter, s’estimer :
Développer une image de soi adéquate et réaliste amène des résultats extraordinaires : la réalisation de soi.
Avec une image de soi vraie on ne crée pas de nouveaux talents ou de nouvelles capacités, on les libère simplement pour les faire fructifier.
Le problème est que nous recherchons notre image dans le regard de l’autre : mon image est « bonne » si j’ai l’approbation, ou bien nous reconnaissons notre image dans la réaction de l’autre. Ainsi nous mettons en place notre personnalité et nous confondons notre personnalité avec notre moi.
La personnalité est un outil que nous avons mis en place pour nos relations. N’avons nous pas plusieurs facettes ? Nous enfilons un « costume de scène » adapté à chaque circonstance, soyons conscients de la diversité de notre garde-robe. Ne nous identifions pas à nos actions. Nous ne sommes pas nos erreurs, les reconnaître sert uniquement à rectifier notre trajectoire.
« Être quelqu’un » : nous sommes quelqu’un parce que nous sommes, c’est tout.
Nous ne nous sentirons jamais quelqu’un si nous cherchons notre réalisation dans le conformisme ou dans l’approbation d’autrui ou encore dans la possession de biens matériels.
Etre soi c’est réaliser les potentialités et les possibilités contenues en nous. Si nous nous tournons sans cesse le dos, si nous refusons de nous reconnaître, cela devient impossible.
La nature humaine est poussée à réagir efficacement.
Le bonheur
Le bonheur est un état d’esprit dans lequel nos pensées sont agréables de façon quasi permanente.
Le bonheur n’arrive pas par hasard, c’est quelque chose qui s’apprend et qui s’entretient, quelque chose que l’on déclenche par soi-même.
Les empêchements au bonheur
- Croire qu’il se mérite.
Si l’on attend de « mériter » d’avoir des pensées agréables il est vraisemblable que l’on aura des pensées désagréables concernant notre incapacité.
- Croire qu’il est égoïste ou que c’est « mal ». le désintéressement, le détachement, la générosité favorise le bonheur. Une des pensées les plus agréables chez l’être humain est celle de se sentir nécessaire, capable d’aimer, utile.
- Croire qu’il appartient au futur : « je serais heureux quand… »
Le bonheur appartient au présent. C’est une attitude mentale qu’il faut pratiquer pour en acquérir l’expérience. Il n’apparaît pas en résolvant des problèmes extérieurs. Nous ne serons jamais heureux « à cause de … ». Si l’on doit être heureux un jour, on doit l’être maintenant.
Comment ?
Le bonheur n’est pas produit par des objets mais par des idées, des pensées, des attitudes qui peuvent être déclenchées par les activités des individus indépendamment de l’environnement.
« Les hommes se rendent malheureux non par les choses qui arrivent, mais par la manière de voir les choses qui arrivent » disait déjà Epictète.
- Cesser de laisser les choses nous entraîner
- Ne pas avoir de ressentiment contre les évènements
- Ne pas s’apitoyer sur son sort
- Prendre conscience que les « impossibilités » sont des opinions et non des faits.
Comportement et image de soi
L’homme est un être tendu vers un but. Lorsqu’un homme est tendu vers un but, il a tendance à se sentir heureux indépendamment des circonstances. La joie est un sentiment qui accompagne la recherche d’un but. La personne qui n’a pas de but valable conclut que « la vie n’a pas de sens, qu’elle ne vaut pas la peine d’être vécue ».
- Prendre l’habitude d’avoir toujours un objectif, sans tenir compte de ce qui arrive
- Entretenir l’habitude du bonheur.
Mais se sentir vide ou inutile peut devenir une voie pour éviter l’effort, le travail et les responsabilités. Prendre conscience de ce choix inconscient permettra, au moins d’en profiter………….
Etre vide, c’est avoir de soi une image inappropriée.
Avoir une image de soi négative peut être une stimulation pour réussir, mais on ne pourra profiter de la réussite si l’on entretient cette image et l’on n’en tirera aucun bénéfice. Cette attitude peut même nous conduire à nous sentir « imposteur » ; il est important de poursuivre des buts qui soient en harmonie avec notre moi et non qui correspondent à un symbole social.
Poursuivre un but pour plaire aux autres ne nous apportera qu’une satisfaction factice.
Etre tendu vers son propre succès procure une profonde satisfaction intérieure.
Jeter un regard au négatif et se centrer sur le positif : il serait absurde d’ignorer les signaux négatifs, ils nous permettent de rectifier, renforcer, réajuster, mais garder le regard dessus ne mènera qu’à les perpétuer. Noter les obstacles et continuer de fixer le but à atteindre.
Frustrations :
Nos premières expériences de vie et les conclusions que nous en avons tirées à l’époque sont toujours actives dans notre présent. « bébé nous exprimions notre frustration (faim, inconfort) par des cris et c ‘était suffisant pour qu’une solution adaptée arrive (biberon, linge sec, douceur). Inconsciemment nous avons gardé cette façon de faire et exprimons nos ressentiments en nous plaignant attendant la résolution du problème. …… et ça ne marche pas dans la vie d’adulte, au contraire, en continuant d’agir de cette sorte, nous nous fabriquons une « personnalité à défaites » et vivons de ce fait, l’échec.
Agressivité, réserve d’énergie :
Lorsque nous nous lançons dans un projet, nous y allons d’un pas décidé. La passion des émotions est nécessaire pour atteindre notre but. Le simple fait d’avoir un but important est suffisant pour déclencher notre chaudière et mettre en jeu nos tendances agressives. Mais si nous sommes bloqués dans l’accomplissement, il s’en suit des troubles. L’énergie émotionnelle va chercher une sortie. Cette force peut se révéler destructrice pour les autres ou pour soi selon la direction qu’elle pourra prendre.
Un des meilleurs moyens pour canaliser l’agressivité est de l’épuiser.
Insécurité :
Le sentiment d’insécurité est fondé sur la croyance d’une inefficacité intérieure, une impuissance.
En fait nous mesurons nos ressources intérieures à un « moi idéal » : nous devrions… or ce que nous devrions faire ou être doit être conçu comme un but à atteindre et non comme un devoir immédiat.
Coupé, séparé des autres :
Ce genre de solitude est ressenti lorsque la personne est séparée de son vrai moi. Elle s’est coupée de son contact fondamental d’avec la vie.
Se mettre loin des autres est un moyen pour protéger son « moi idéalisé » contre les incursions du dehors, des coups, de l’humiliation. C’est un moyen d’auto-protection.
Rancœur :
« Défendre son cas devant le tribunal de la Vie ». Prouver l’injustice et, par quelque phénomène magique, la Vie va supprimer l’événement. On ne peut gagner en empruntant cette voie, car cela revient à vouloir changer le passé, même si la rancœur est basée sur une vraie injustice ou des erreurs réelles.
La rancœur n’est pas créée par les autres ou les circonstances, elle est notre propre réponse émotionnelle à l’événement. On ne peut s’imaginer en personne indépendante et autonome tant que l’on entretient de la rancœur. Nous sommes liées à cette rancoeur et nous abandonnons notre « bride » à autrui.
Désir/ Pouvoir :
Lorsque nous avons envie de quelque chose, lorsque nous désirons, que nous entreprenons pour nous diriger vers notre but, nous nous sentons plein d’énergie. N’est ce pas une des expressions du bonheur ?
Le désir c’est une énergie qui nous porte, qui nous pousse dans nos capacités. Nous nous sentons vivants, « en-vie ».
- Alors comment se fait-il que, le but atteint, nous ne trouvons pas le bonheur escompté ?
- Comment se fait-il que juste au moment d’atteindre le but, nous allons dire, ou faire ce qui va tout faire rater ?
En fait ce qui nous plaît, c’est de nous sentir vivant, « tout puissant », nous sommes dans un état de plénitude. Le but atteint, cet état s’éteint de lui même, l’énergie n’a plus de raison d’être. Nous pouvons même, inconsciemment, nous sentir symboliquement mort puisque nous ne sommes plus dans l’état «d’ en-vie ». Dans ce cas, nous éviterons soigneusement d’atteindre le but pour ne pas éteindre le désir. Nous fuirons pour échapper à l’angoisse d’éteindre le désir en le satisfaisant.
Différencier « pouvoir sur » de « pouvoir de » (extrait Nouvelles clés interview de Denis Marquet).
« La toute puissance, forme d’infantilisme liée à un fantasme de régression dans le ventre maternel (lieu où nous nous sentons tout- puissants puisque étant nourris en continu, il n’y a pas de distance entre désir et satisfaction, il n’y a pas manque). Nous avons la nostalgie de cet état-là, et voudrions réduire à rien l’espace entre l’état de manque et l’état de plénitude. Or cet espace est la vie elle-même ! Le fantasme de toute puissance est la définition même du mental. Il nous éloigne de notre véritable fécondité et nous condamne finalement à l’impuissance. La véritable puissance, c’est la capacité à accomplir l’être que nous sommes dans la réalité.
La toute-puissance aspire au « pouvoir sur », c’est à dire à la domination. Nous cherchons, par des stratégies de contrôle, à neutraliser ce qui en autrui nous échappe – ce qui exprime en fait une réelle impuissance : celle de rencontrer l’autre.
Le « pouvoir de », c’est au contraire la capacité d’agir, c’est-à-dire d’exprimer qui on est de manière créative. C’est une lutte et un jeu constant avec soi-même, qui nous invite à accepter nos propres limites et celles des autres, à renoncer au désir d’avoir du « pouvoir sur » et à nous ouvrir à ce que la vie a de plus mystérieux. Une aventure qui ne va pas sans peur ! «
JV.26.11.2009
Sources: « Etre heureux ce n’est pas nécessairement confortable » Thomas d’Ansembourg, « Nouvelles Clés », Psychologie magazine.