Constat : Nous n’en sommes pas toujours conscient mais nous passons notre temps à interpréter, nous ne vérifions pas les faits. D’où conflit entre « ce que nous voyons » et l’événement. Il nous faut différencier « juger, interpréter, supposer » de « ce que je vois, ce que j’entends ».
S’il y a confusion entre ces deux comportements, cela entraîne conflits, blocages, incompréhensions, impasses.
Un réflexe humain est de vouloir supprimer ce qui nous dérange, nous cherchons ainsi à occulter ou à transformer ce qui ne correspond pas à notre vision idéale des choses. Il se passe exactement la même chose à l’intérieur de nous……………… d’où conflit !
Il est intéressant de noter que notre mal-être, notre difficulté à vivre épanoui provient de conflits entre les différentes parties de nous-mêmes, que chacune de ces parties veut notre « bien » en défendant ses valeurs, ses objectifs.
Conflit : les conflits sont avant tout un appel à la recherche d’équilibre.
L’essence de vie est dans la dynamique du conflit/harmonie, ordre/désordre.
La résolution du conflit nécessite réflexion, confrontation, choix et dépassement ; elle nous invite à un niveau de logique supérieur, à l’évolution.
Les conflits résultent d’un rapport de forces. Ils sont également liés à l’insatisfaction, à la frustration, à la dévalorisation et à l’ennui.
« Il s’agit donc de savoir si l’on souhaite changer les choses ou punir la partie responsable ».
Nous confondons souvent conflit et combat et notre vision dualiste du monde nous empêche de croire à une solution gagnant/gagnant. Nous employons donc des stratégies guerrières pour résoudre un conflit : bluff, menaces, chantage, agression, désinformation qui peuvent certes apporter la victoire mais surtout plantent les graines de problèmes à venir, nous emprisonnant ainsi dans des cercles vicieux.
Nos comportements de réponse se rigidifient en devenant « attaquer/se défendre ». Nous restreignons notre espace de liberté, limitant ainsi notre créativité. Seule la souplesse permet d’inventer d’autres stratégies. La plupart des conflits naissent de la rigidité des êtres humains. Ils se résolvent grâce à la flexibilité, à la capacité à prendre du recul pour reconstruire la réalité. Il est de notre responsabilité d’élargir notre espace de liberté, d’être autonome.
Nous appréhendons le conflit sous la forme linéaire, cause/effet : « c’est à cause de … » qui a pour but de nous fournir un coupable.
La meilleure façon de perpétuer un conflit est de chercher un coupable, la faute.
Il nous faut prendre suffisamment de recul pour interpréter utilement les comportements respectifs de chaque partie, chacune des parties a un comportement cohérent par rapport à sa vision.
- Un dirigeant a davantage appris à commander qu’à coordonner. Il sait mieux administrer la dépendance, la soumission qu’animer l’expression créative ou favoriser l’enrichissement par les différences.
- Un professeur enseigne plus qu’il n’apprend à apprendre.
- Un thérapeute est formé à établir une relation d’aide plus qu’une relation de coopération et négociation, il porte son attention sur les problèmes plus que sur la mobilisation des ressources, la stimulation des désirs et la coopération pour parvenir au but.
Les rapports basés sur l’interdépendance et la coopération sont plus productifs et satisfaisants que ceux établis sur la subordination et la domination/soumission.
Ce qui a besoin d’être réactualisé ce sont les modes d’interaction.
Les rapports de subordination suscitent le rejet plus que le respect, d’où gaspillage des ressources, mutilation de la créativité et des richesses et finalement lutte. Les rapport de dépendance nous figent et peuvent même nous détruire à cause des conflits qu’ils engendrent.
Les situations de blocage s’installent lorsque nous devenons incapables de modifier nos règles de fonctionnement.
Notons une fois encore que nos conflits intérieurs fonctionnent sur ces mêmes schémas. Ils résultent d’une opposition, d’une contradiction ou d’une inadéquation entre ce que nous voulons faire et ce que nous faisons, entre ce que nous ressentons et ce que nous décidons.
Nous sommes un système composé de sous-systèmes (parties) qui interagissent entre eux. Lorsque nous vivons des conflits intérieurs, ce sont les interactions qui bloquent. Nous sommes composés de différentes parties plus ou moins conscientes qui cohabitent : nos croyances, valeurs, règles, comportements et nous voulons être reconnus et acceptés.
Si ces parties s’accordent, elles conjuguent leurs ressources pour coopérer et nous nous sentons à l’aise.
Dans le cas contraire, nous vivons des malaises, des blocages. Les différentes parties se combattent et s’empêchent mutuellement.
Rétablir le dialogue :
- Reconnaître l’utilité de chaque partie et leurs fonctions respectives
- Reconnaître le but de chacune
- Respecter chaque partie, elles doivent se reconnaître mutuellement
- Re cadrer. Coopérer. S’unir
1/Chaque facette de nous-mêmes s’est mise en place en fonction de nos expériences, des modèles que l’on nous a proposés ou imposés, elles étaient parfaitement cohérentes et adaptées à ce moment de notre vie, elles ont été retenues comme efficaces. Le temps a passé et nous n’avons jamais revérifié la pertinence de ces comportements.
« Dans notre enfance, notre bien-être dépend uniquement de notre réponse aux attentes des adultes ». Est ce encore vrai aujourd’hui ?
Une réponse reconnue « gagnante » dans un domaine de notre vie peut s’avérer totalement inappropriée dans un autre. Notre cerveau fournit la réponse en fonction des « données » que nous lui avons fournies, en fonction de ce qu’il connaît. A nous de lui apporter le plus détails possibles sur l’événement pour qu’il différencie les situations passées/présentes.
Le regard objectif que nous développons avec l’exercice de la sophrologie aide à reconnaître, donc à apporter une réponse adaptée.
2/ Il n’y a pas qu’un seul chemin pour atteindre un objectif.
Reconnaître le point de vue de chaque partie et le mettre à l’épreuve de la logique. Toute logique poussée à l’extrême aboutit à l’absurde ! se laisser la souplesse de rebrousser chemin et envisager la situation d’un autre point de vue.
3/ exploiter la fonction utile de chacune des parties génère le lâcher prise.
4/ rester concentré sur l’objectif à atteindre permet de se déconnecter des suppositions et interprétations comme des émotions limitantes.
5/ identifier les valeurs communes.
Pour évaluer une situation nous nous appuyons sur des critères. Ces critères nous sont propres. Ces critères sont les fondations de notre construction mentale. Notre équilibre dépend de la satisfaction de nos critères. Ils sont pour la plupart inconscients et sous-tendent nos jugements, nos comportements, nos choix, nos décisions. Ne jamais remettre en cause directement un critère, toute l’énergie sera mobilisée pour le défendre.
Un détail pour l’un sera une priorité pour l’autre.
Pour découvrir les critères il faut identifier les valeurs.
Questionnement du type :
Q : qu’est ce qui est important pour moi ?
R : « valeur »
Q : comment j’identifie cette valeur ?
R : « critère »
Nous identifions les situations en nous appuyant sur des « équivalences complexes » :
« X prouve Y »
« X cause Y »
« X signifie Y »
Un argument n’est retenu comme pertinent que s’il répond à une logique.
Nous n’adhérons pas à un argument pour lui-même mais pour les avantages qu’il nous procure dans la satisfaction de nos critères.
Identifier chacune de nos parties est indispensable pour trouver l’harmonie dans notre vie, pour favoriser l’homéostasie. Les revisiter et éventuellement les réactualiser demande beaucoup d’indulgence envers soi, de courage aussi. La rencontre et le dialogue avec l’enfant intérieur est inévitable et amènera à faire le deuil de nos manques d’enfant………. Prochain travail à envisager…..
ref : « Du désir au plaisir de changer » Françoise Kourilsky-Belliard
JV le 13. 11. 2009